Lorsque la démocratie chancelle sur son piédestal

Column

Que font les défenseurs de l’État de droit lorsque la protection des demandeurs d’asile devient une décision politique ?

Lorsque la démocratie chancelle sur son piédestal

Les décisions relatives à la protection des demandeurs d'asile seront bientôt prises par un nouveau département gouvernemental. La chroniqueuse de MO* Bieke Purnelle ne comprend pas pourquoi il y a si peu d'opposition à un tel effritement de l'État de droit. Lorsque la démocratie chancelle sur son piédestal, on espère que des gens se lèveront pour la défendre. Mais aujourd'hui, ce type de défense est servi aussi mollement et tièdement que le café à percolateur médiocre qu'on trouve dans de nombreux bâtiments gouvernementaux.

Pour la première fois depuis 1988, le Commissaire général aux réfugiés et aux apatrides (CGRS) ne décidera bientôt plus en toute indépendance de protéger ou non les demandeurs d'asile. En effet, le gouvernement De Wever a décidé que le CGRS serait logé au sein d'un nouveau département gouvernemental des migrations, qui sera naturellement placé sous la supervision du ministre compétent.

En soi, ce n'est pas une surprise pour quiconque ayant lu attentivement l'accord de coalition. Après tout, celui-ci stipulait déjà en termes voilés "que la politique de protection relèvera de la responsabilité politique du ministre compétent".

En outre, il y a un mois, il y avait déjà eu une certaine agitation parce que le gouvernement voulait tenir en laisse le Conseil du Contentieux de l'immigration (CCE). Le Conseil du Contentieux de l'immigration est l'organe auquel les demandeurs d'asile et les migrants peuvent s'adresser pour faire appel à des décisions relatives à leur statut. Le Conseil du Contentieux de l'immigration est un tribunal, vous savez, l'un des outils importants de l'État de droit.

Il existe un mot pour désigner le contrôle politique des tribunaux et la censure du pouvoir judiciaire, mais il ne me vient pas directement à l'esprit. Ils doivent le savoir en Hongrie et en Pologne, car ils le font avec succès depuis des années.

Une défense faible

Lorsque la démocratie chancelle sur son piédestal, on espère que des gens se lèveront pour la défendre. Mais cette défense est aujourd'hui aussi molle et tiède que le café à percolateur médiocre qu'on trouve dans de nombreux bâtiments gouvernementaux.

Je venais à peine d'apprendre la nouvelle concernant le CGRS, qu'un éditorial était déjà paru, auquel je n'avais pas de réponse: "Le fait que cette intention du gouvernement suscite un débat est lié à l'évolution du point de vue sur l'asile et la migration". En résumé : avant, nous trouvions les réfugiés cool, aujourd'hui ils sont démodés. Ou quelque chose comme ça. On ne peut qu'espérer que sa propre protection juridique ne dépende pas de la tendance du moment ou des bruits qui courent dans les bas-fonds de la nation.

Mais il y a pire :

"Les puristes, en revanche, diront que l'aide aux réfugiés ne se prête pas à l'ingérence politique, parce qu'elle implique l'application de droits de l'homme essentiels. Le problème est qu'une telle position de principe peut conduire à la montée de forces antidémocratiques. C'est un scénario qui s'est déjà concrétisé dans plusieurs pays et que nous devons éviter à tout prix en Belgique".

Les personnes qui pensent qu'il est préférable de ne pas laisser les élus politiques décider sur le droit d'asile sont donc des "puristes" ennuyeux et gênants, qui apportent de l'eau au moulin des forces antidémocratiques. Il faut donc restreindre les droits de l'homme pour empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir. La stratégie est donc la suivante : défendre un territoire en y renonçant à l'avance.

Et si l'extrême droite arrive au pouvoir, c'est la faute des opposants à l'extrême droite. Pas pour ce genre d'opinions et d'articles douteux, pas pour le fait de se ranger sans vergogne du côté des agresseurs de la démocratie, pas pour les divagations lâches et hésitantes de gens qui se tiennent proprement, raisonnablement et surtout gentiment au milieu, là où la "nuance" est censée prévaloir.

Le scénario en question est en effet de plus en plus fréquent. Devinez quelle est la première chose que font généralement ces régimes ? Ils restreignent l'État de droit. Comment peut-on croire que l'on combat les forces antidémocratiques en faisant exactement ce qu'elles veulent ?

L'expression "à n'importe quel prix" semble difficile à comprendre, jusqu'à ce que l'on se demande qui en paie le prix. Pas les rédacteurs en chef des journaux, pas les hommes politiques, pas les personnes nuancées, raisonnables et rationnelles qui se trouvent au milieu et qui n'y font aucune objection.

La sécurité juridique comme privilège

Vous savez ce que je n'arrive pas à comprendre ? Que les mêmes personnes qui, depuis des années, mettent en garde contre la disparition de l'Occident et la disparition de l'Occident libre et supérieur, avec son fantastique État de droit, tous les deux "menacés par les migrants et leurs cultures arriérées", soient les premiers à applaudir les décisions politiques qui affaiblissent ce précieux État de droit. La sécurité juridique est là pour eux, et surtout pour eux, pensent-ils. C'est ce que provoque un privilège profondément intériorisé : vous commencez à penser que vous êtes choisi et à l'abri de tout changement politique. Jusqu'à ce que ce ne soit plus le cas.

La question de savoir si les gens bénéficient ou non d'une protection est une décision juridique qui, pour des raisons évidentes, ne devrait jamais être une décision politique. Le simple fait de l'envisager ouvre la porte à des politiques d'extrême droite.

L'État de droit a été conçu pour protéger les citoyens du pouvoir arbitraire des gouvernements et garantir leurs droits et libertés civiques.

S'il n'est pas clair aujourd'hui que la démocratie et l'État de droit sont inextricablement liés et que l'altération du second entraîne de toute façon l'effondrement du premier, quand le sera-t-il ?

Cet article a été traduit du néerlandais par kompreno à l'aide de l'intelligence artificielle (IA) et n'a qu'une valeur informative. Le texte original est la version de référence. Bien que nous nous efforcions d'être précis, les traductions peuvent ne pas refléter toutes les nuances du texte original.

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